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 SUMQUODERIS — GOETHE

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Horatio
Admin
Messages : 21
Date d'inscription : 06/08/2014

MessageSujet: SUMQUODERIS — GOETHE   Mer 6 Aoû - 19:38


UN NOM N'EST QUE
BRUIT ET FUMÉE

Goethe ne tolère guère que Goethe en guise d'appellation. Ou Comissaire à la rigueur. À trente-trois ans, il est très fier de rappeler que dans sa vie précédente, il aurait déjà décrit Les Souffrances du jeune Werther il y a belle lurette, et que Faust ne se serait pas fait attendre beaucoup plus longtemps. Sauf que tout ça, c'est déjà couché sur le papier, et les plumes, ça le fatigue désormais. À la place, il porte un grand manteau brun, fume des menthols et gueule sur le stagiaire lorsque le café de son commissariat de quartier n'est pas à son goût. Désormais, Goethe n'obéit qu'à la loi et morale qui lui sont dictées par le Code Civil et par son crâne de piaf. Noctem, c'est peut-être le pater ultime, mais qu'il se gare sur une place réservée aux handicapés et c'est une prune tout ce qu'il y a de plus humain qui l'attendra sur son pare-brise.

Goethe aime à penser qu'il n'est pas aussi fantoche qu'il n'y paraît. Cependant, faire régner la justice dans une ville où les forces de l'ordre sont le cadet des soucis des habitants n'est pas aisé. Noctem, il lui en veut un peu. S'il est si supérieur, le bestiau, il n'a qu'à venir mettre la main à la pâte, sentir un peu toute la merde qui émane des bas-fonds de sa cité de pantins. Royauté, littérature dorée mon fion. Cassandre, c'est le bordel, et c'est pas la propagande d'une tête couronnée qui va y changer quoi que ce soit.
L'inspecteur perdant la tête au passage d'une jolie paire de jambes la garde bien ancrée sur ses épaules lorsqu'il s'agit de rappeler le peu d'autorité qu'il tente d'obtenir. Les Hydes, les Soldiers, il est au-dessus de tout ça, voyez-vous. Goethe sert la justice, la vraie. Celle qui dicte aux citoyens de ramasser les crottes de leurs chiens sous peine de se voir récurer les chiottes du service gastro-entérologie de l'hôpital en guise de TIG. Il est marié à sa paire de menottes, profondément attaché à son arme à feu ; absolument incorruptible et un peu stupide en somme. Malgré tout, il se fait discret dans ses sermons de flic zélé. Goethe a conscience que Noctem contrôle chaque nerf de la cité, peut voir les juges asséner des coups de marteau qui n'ont plus rien de juste et le pourcentage de policiers objectifs baisser de façon drastique. Jusque dans les couloirs de son commissariat, tout n'est plus qu'une question de défiance, de fidélités secrètes et de rumeurs meurtrières. Alors Goethe râle, mais pas trop ; car la pire de ses hantises serait de se voir évincé d'un poste pour lequel il a tant sué.


SEUL EST DIGNE DE LA VIE CELUI QUI CHAQUE JOUR POUR ELLE PART AU COMBAT


Johann mon chaton, n'oublie pas ta prière à Noctem avant de te coucher.
Il sont fiers et confiants, déjà. Leur fiston sera grand homme ou ne sera pas. C'est écrit. Le petit Goethe pousse aimé, adulé, dans l'ombre délicate de sa destinée. Tout lui est passé. De toute façon, chacune de ses erreurs le poussera vers une réussite supérieure, son entourage en est persuadé. Qu'il s'ébouillante et ruine le tapis en versant le thé, aucun problème. Il apprendra. Qu'il remporte le prix junior d'une compétition de karaté ? Loué soit Noctem pour l'avoir décidé. Dans la famille Goethe, le roi est élevé au rang de divinité. On trouve de ses icônes au-dessus de la cheminée, et c'est à lui que l'on adresse ses voeux les plus chers. Après tout, c'est grâce à Sa Supérieure Entité si le petit dernier vivra de grands succès. Mais ça, c'était sans compter l'irréductible volonté de contradiction des adolescents. La crise de Goethe ? Un baptême suivi d'un enrôlement dans les forces de police. Rien à carrer de vos romans et de vos pamphlets, qu'il disait.
Ainsi apprit-il qu'on n'échappait pas à Noctem. Il n'avait jamais eu le sens de l'écriture. Pas dans cette vie, du moins. Ses rédactions d'enfant était épinglées en ridicules moqueries au fond de la classe : Goethe était un cancre. Mais qu'on lui place une arme dans les mains, un képi sur le crâne et il était soudain la coqueluche du quartier. Son zèle de jeune premier séduisait les plus gradés, soufflait une nouvelle jeunesse dans les couloirs du commissariat où il se trouvait assigné. En quelques années, il franchissait les paliers, résolvait les cas les plus complexes avec la facilité d'un inspecteur expérimenté de soixante balais. Son ardeur sans bornes avait fini par le placer au-dessus même de ses aînés. Goethe était un commissaire beaucoup trop jeune, un succès beaucoup trop irréprochable. Et personne sinon lui n'y trouvait quoi que ce soit à redire.
Il avait été grisé. C'était maintenant une sacrée gueule de bois qu'il vivait. Le poids d'un millier d'années le faisait ployer. Il était résigné. Après tout, il était plutôt bien loti, à Cassandre. Être condamné à une vie réussie et une mort tardive n'était pas vraiment sujet à plaintes. Mais l'absurde dose de responsabilités qui lui incombait, les situations glauques qui empiraient dans les ruelles délabrées de la cité, la sourde frustration de ne se voir attribuer aucun mérite pour ses actions ; tout lui pesait. À trente-trois ans, Goethe avait les cernes d'un jeune père et le dos courbé d'un centenaire blasé. Il se voyait décrépir dans une vie qui n'était pas tout à fait la sienne et aurait parfois préféré rencontrer ne serait-ce qu'un échec, un vrai. Quelque chose qui le ruinerait, un bug dans la matrice de Noctem.

Vous étourdissez mon coeur de milles… Non. D'une tempête. Une jolie tempête d'automne. Avec les feuilles qui tombent.
Ça fera seize fabulas trente-huit, monsieur.
Voudriez-vous m'épouser ?
Seize. Trente-huit.

Goethe tombe amoureux comme on dévale des escaliers. C'est une douce descente aux Enfers, une condamnation rapide et indolore. Il y a ce lyrisme qui tournoie dans sa cervelle, lui donnant soudainement envie de déclamer l'émoi que lui provoque la vue de cette douce enfant titubant dans le couchant. Des sentiments indescriptibles s'emmêlent en son sein, écorchent son coeur en tonnant leur désir d'être partagés. La majeure partie du temps, Goethe les fait taire d'un pincement des lèvres et s'en va passer les menottes à cette prostituée trop alcoolisée. Mais dès lors que son uniforme est déposé, il n'a d'autres choix que de laisser libre cours à sa nature première. Goethe est un grand romantique. Des futilités telles que l'âge ou les valeurs sociales disparaissent rapidement lorsque l'on ne peut s'empêcher de voir la beauté dans une bouche de caniveau vomissant un égout brunâtre. Aussi Goethe se déclare-t-il à n'importe qui. N'importe où, n'importe quand en-dehors des heures de service. À l'étudiante qui habite sur son palier ou à la tante de celle-ci, à la caissière du supermarché du coin et à l'épouse de son cadet. Malheureusement pour ses instincts de grand écrivain, c'est la langue d'un pécore qui trône dans sa bouche. Les belles tournures et les sublimes répliques qui couvent en son crâne ne parviennent jamais à faire leur chemin tout à fait jusqu'au bord de ses lèvres. Il y a comme une chimie dégueulasse qui s'opère, tout se mélange quelque part entre sa trachée et sa glotte et un voile visqueux se pose sur ses mots. Tout ce qu'il parvient à émettre devient, de poésie lyrique enflammée, de sombres balbutiements au vocabulaire d'un gamin de huit ans. Il ne renonce pas, et son assurance ne flanchera jamais. Un jour, il y parviendra. Les mots sortiront comme il les a pensé. C'est pourquoi il n'abandonne pas, et persiste à laisser libre cours à son caractère profond en attendant impatiemment la victoire de celui-ci sur son éducation miteuse. Goethe tombe amoureux de tout. D'elle, de lui, et surtout de vous. Il ne lui reste plus qu'à l'exprimer comme il faut.

BORDEL LÂCHE-MOI SALE RAT.
Vous venez de frapper un officier, c'est loin de vous aider.
TA GUEULE. IL M'A TOUCHÉE LE CON. J'VAIS LUI ENCASTRER SA MATRAQUE SI PROFOND QU-
Tu finis la nuit en garde-à-vue, Faust. J'ai pas le choix.

Goethe aurait voulu lui dire. Lui expliquer qu'il les avait lues, les versions de son histoire. Qu'il n'y aurait pas de jolie fin pour elle. Faust était sa malédiction. Ce n'était pas son personnage, même si parfois il aurait préféré. Ç'aurait été tellement plus simple, de faire appel aux simili-destins qui leur étaient attribués. Il aurait pu la faire taire, il aurait pu faire mine d'avoir de l'autorité, juste assez longtemps pour la prendre sous son aile et mieux la guider. Il aurait pu lui dire je t'ai créée, je suis désolé.
Mais Faust n'était pas sienne. Faust était une légende, une histoire plus âgée que la sienne, un récit qu'il n'avait fait qu'adapter dans une vie antérieure. C'était aussi un fardeau qui pesait sur sa vie comme une épée de Damoclès à moitié tombée. Elle atterrissait souvent au commissariat. C'était pour des coups reçus, pour des coups donnés, pour de la drogue au fond de ses poches trouées. Elle n'avait jamais sombré bien longtemps, mais son casier était déjà bien rempli. Goethe le savait, qu'elle était dans la mouise. Que c'était une de ces raclures qui pourrissaient la ville qu'il s'efforçait de maintenir à flot. Il en avait parfaitement conscience, qu'elle dealait. Faust devenait même de plus en plus importante dans le milieu, mais il ne pouvait se résigner à la faire tomber. Il s'y était attaché, à ses airs de sauvageonne effarouchée, à ses poings serrés qui frappaient bruyamment le vide. Il aurait voulu lui dire, à Faust. L'asseoir quelque part au calme et lui raconter ce qu'il se passait, ce qui l'attendait. Lui expliquer que la destinée dont elle ne voulait pas, les contrats de la société qu'elle se refusait à signer, les papiers qu'elle fuyait, c'était pas ça son piège. Il aurait bien voulu qu'elle comprenne que son âme, elle l'avait déjà vendue sans avoir à apposer son sang où que ce soit et que le démon qu'elle voyait partout la tenait déjà sous sa coupe. Mais Faust ne l'écoutait pas. Faust le haïssait, Faust n'hésitait pas à le lui gueuler. Alors il se contentait de la relâcher un peu plus tôt que les autres et la regardait courir sous la pluie en direction de ses seringues crasseuses en essuyant le molard qu'elle lui avait craché à la joue.


HEY I JUST MET YOU & THIS IS CRAZY BUT HERE'S A RING SO MARRY ME MAYBE

Capri, femelle de son état, trouvait ça drôlement sympa d'utiliser l'alter ego d'une légende urbaine aux airs de voleur pour incarner un inspecteur ex-auteur, alors Goethe ce sera Arsène Lupin III —Lupin III. Elle a finalement craqué après moultes hésitations par rapport à SQE, maudits soient Batman, Wocky et leur forum de BG merci j'aimerais récupérer ma vie maintenant. Sinon j'ai encore fait un teubé haha dis donc qui l'eut crû. Cela va de soit que les citations intelligentes sont de Goethe, l'original. Pas le truc en carton-pâte. Oh et aussi, navrée pour les paragraphes un peu décousus.




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<center><div style="width: 550px; background-color: #030303; border-right-style: solid; border-left-style: solid; border-color: #C8F526; border-width: 7px;">[img]http://img443.imageshack.us/img443/8607/goethe01.jpg[/img]
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[color=#C8F526]Goethe[/color] aime à penser qu'il n'est pas aussi fantoche qu'il n'y paraît. Cependant, faire régner la justice dans une ville où les forces de l'ordre sont le cadet des soucis des habitants n'est pas aisé. Noctem, [color=#C8F526]il lui en veut un peu[/color]. S'il est si supérieur, le bestiau, il n'a qu'à venir mettre la main à la pâte, sentir un peu toute la merde qui émane des bas-fonds de sa cité de pantins. Royauté, littérature dorée mon fion. Cassandre, c'est le bordel, et c'est pas la propagande d'une tête couronnée qui va y changer quoi que ce soit.
L'inspecteur perdant la tête au passage d'une jolie paire de jambes la garde bien ancrée sur ses épaules lorsqu'il s'agit de rappeler le peu d'autorité qu'il tente d'obtenir. Les Hydes, les Soldiers, il est au-dessus de tout ça, voyez-vous. Goethe sert la justice, [color=#C8F526]la vraie[/color]. Celle qui dicte aux citoyens de ramasser les crottes de leurs chiens sous peine de se voir récurer les chiottes du service gastro-entérologie de l'hôpital en guise de TIG. Il est marié à sa paire de menottes, profondément attaché à son arme à feu ; absolument incorruptible et un peu stupide en somme. Malgré tout, il se fait discret dans ses sermons de flic zélé. Goethe a conscience que Noctem contrôle chaque nerf de la cité, peut voir les juges asséner des coups de marteau qui n'ont plus rien de juste et le pourcentage de policiers objectifs baisser de façon drastique. Jusque dans les couloirs de son commissariat, tout n'est plus qu'une question de défiance, de fidélités secrètes et de rumeurs meurtrières. Alors Goethe râle, mais pas trop ; car la [color=#C8F526]pire de ses hantises[/color] serait de se voir évincé d'un poste pour lequel il a tant sué.


<div style="letter-spacing: 5px; color: #FFFFFF; text-shadow: -1px 1px #C9C9C9; font: 16px Courier, monospace;">SEUL EST DIGNE DE LA VIE CELUI QUI CHAQUE JOUR POUR ELLE PART AU COMBAT</div>

[color=white]Johann mon chaton, n'oublie pas ta prière à Noctem avant de te coucher.[/color]
Il sont fiers et confiants, déjà. Leur fiston sera grand homme ou ne sera pas. C'est écrit. Le petit Goethe pousse aimé, adulé, dans l'ombre délicate de sa destinée. Tout lui est passé. De toute façon, chacune de ses erreurs le poussera vers une réussite supérieure, son entourage en est persuadé. Qu'il s'ébouillante et ruine le tapis en versant le thé, aucun problème. Il apprendra. Qu'il remporte le prix junior d'une compétition de karaté ? Loué soit Noctem pour l'avoir décidé. Dans la famille Goethe, le roi est élevé au rang de divinité. On trouve de ses icônes au-dessus de la cheminée, et c'est à lui que l'on adresse ses voeux les plus chers. Après tout, c'est grâce à Sa Supérieure Entité si le petit dernier vivra de grands succès. Mais ça, c'était sans compter l'irréductible volonté de contradiction des adolescents. La crise de Goethe ? Un baptême suivi d'un enrôlement dans les forces de police. Rien à carrer de vos romans et de vos pamphlets, qu'il disait.
Ainsi apprit-il qu'on n'échappait pas à Noctem. Il n'avait jamais eu le sens de l'écriture. Pas dans cette vie, du moins. Ses rédactions d'enfant était épinglées en ridicules moqueries au fond de la classe : Goethe était un cancre. Mais qu'on lui place une arme dans les mains, un képi sur le crâne et il était soudain la coqueluche du quartier. Son zèle de jeune premier séduisait les plus gradés, soufflait une nouvelle jeunesse dans les couloirs du commissariat où il se trouvait assigné. En quelques années, il franchissait les paliers, résolvait les cas les plus complexes avec la facilité d'un inspecteur expérimenté de soixante balais. Son ardeur sans bornes avait fini par le placer au-dessus même de ses aînés. Goethe était un commissaire beaucoup trop jeune, un succès beaucoup trop irréprochable. Et personne sinon lui n'y trouvait quoi que ce soit à redire.
Il avait été grisé. C'était maintenant une sacrée gueule de bois qu'il vivait. Le poids d'un millier d'années le faisait ployer. Il était résigné. Après tout, il était plutôt bien loti, à Cassandre. Être condamné à une vie réussie et une mort tardive n'était pas vraiment sujet à plaintes. Mais l'absurde dose de responsabilités qui lui incombait, les situations glauques qui empiraient dans les ruelles délabrées de la cité, la sourde frustration de ne se voir attribuer aucun mérite pour ses actions ; tout lui pesait. À trente-trois ans, Goethe avait les cernes d'un jeune père et le dos courbé d'un centenaire blasé. Il se voyait décrépir dans une vie qui n'était pas tout à fait la sienne et aurait parfois préféré rencontrer ne serait-ce qu'un échec, un vrai. Quelque chose qui le ruinerait, un bug dans la matrice de Noctem.

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[color=white]Seize. Trente-huit.[/color]

Goethe tombe amoureux comme on dévale des escaliers. C'est une douce descente aux Enfers, une condamnation rapide et indolore. Il y a ce lyrisme qui tournoie dans sa cervelle, lui donnant soudainement envie de déclamer l'émoi que lui provoque la vue de cette douce enfant titubant dans le couchant. Des sentiments indescriptibles s'emmêlent en son sein, écorchent son coeur en tonnant leur désir d'être partagés. La majeure partie du temps, Goethe les fait taire d'un pincement des lèvres et s'en va passer les menottes à cette prostituée trop alcoolisée. Mais dès lors que son uniforme est déposé, il n'a d'autres choix que de laisser libre cours à sa nature première. Goethe est un grand romantique. Des futilités telles que l'âge ou les valeurs sociales disparaissent rapidement lorsque l'on ne peut s'empêcher de voir la beauté dans une bouche de caniveau vomissant un égout brunâtre. Aussi Goethe se déclare-t-il à n'importe qui. N'importe où, n'importe quand en-dehors des heures de service. À l'étudiante qui habite sur son palier ou à la tante de celle-ci, à la caissière du supermarché du coin et à l'épouse de son cadet. Malheureusement pour ses instincts de grand écrivain, c'est la langue d'un pécore qui trône dans sa bouche. Les belles tournures et les sublimes répliques qui couvent en son crâne ne parviennent jamais à faire leur chemin tout à fait jusqu'au bord de ses lèvres. Il y a comme une chimie dégueulasse qui s'opère, tout se mélange quelque part entre sa trachée et sa glotte et un voile visqueux se pose sur ses mots. Tout ce qu'il parvient à émettre devient, de poésie lyrique enflammée, de sombres balbutiements au vocabulaire d'un gamin de huit ans. Il ne renonce pas, et son assurance ne flanchera jamais. Un jour, il y parviendra. Les mots sortiront comme il les a pensé. C'est pourquoi il n'abandonne pas, et persiste à laisser libre cours à son caractère profond en attendant impatiemment la victoire de celui-ci sur son éducation miteuse. Goethe tombe amoureux de tout. D'elle, de lui, et surtout de vous. Il ne lui reste plus qu'à l'exprimer comme il faut.

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[color=#C8F526]Tu finis la nuit en garde-à-vue, Faust. J'ai pas le choix.[/color]

Goethe aurait voulu lui dire. Lui expliquer qu'il les avait lues, les versions de son histoire. Qu'il n'y aurait pas de jolie fin pour elle. Faust était sa malédiction. Ce n'était pas son personnage, même si parfois il aurait préféré. Ç'aurait été tellement plus simple, de faire appel aux simili-destins qui leur étaient attribués. Il aurait pu la faire taire, il aurait pu faire mine d'avoir de l'autorité, juste assez longtemps pour la prendre sous son aile et mieux la guider. Il aurait pu lui dire je t'ai créée, je suis désolé.
Mais Faust n'était pas sienne. Faust était une légende, une histoire plus âgée que la sienne, un récit qu'il n'avait fait qu'adapter dans une vie antérieure. C'était aussi un fardeau qui pesait sur sa vie comme une épée de Damoclès à moitié tombée. Elle atterrissait souvent au commissariat. C'était pour des coups reçus, pour des coups donnés, pour de la drogue au fond de ses poches trouées. Elle n'avait jamais sombré bien longtemps, mais son casier était déjà bien rempli. Goethe le savait, qu'elle était dans la mouise. Que c'était une de ces raclures qui pourrissaient la ville qu'il s'efforçait de maintenir à flot. Il en avait parfaitement conscience, qu'elle dealait. Faust devenait même de plus en plus importante dans le milieu, mais il ne pouvait se résigner à la faire tomber. Il s'y était attaché, à ses airs de sauvageonne effarouchée, à ses poings serrés qui frappaient bruyamment le vide. Il aurait voulu lui dire, à Faust. L'asseoir quelque part au calme et lui raconter ce qu'il se passait, ce qui l'attendait. Lui expliquer que la destinée dont elle ne voulait pas, les contrats de la société qu'elle se refusait à signer, les papiers qu'elle fuyait, c'était pas ça son piège. Il aurait bien voulu qu'elle comprenne que son âme, elle l'avait déjà vendue sans avoir à apposer son sang où que ce soit et que le démon qu'elle voyait partout la tenait déjà sous sa coupe. Mais Faust ne l'écoutait pas. Faust le haïssait, Faust n'hésitait pas à le lui gueuler. Alors il se contentait de la relâcher un peu plus tôt que les autres et la regardait courir sous la pluie en direction de ses seringues crasseuses en essuyant le molard qu'elle lui avait craché à la joue.
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